Serge Atlaoui : y a-t-il encore un espoir ?

Serge Atlaoui a été condamné à mort en 2007 pour trafic de drogue en Indonésie. Il pourrait être exécuté dans les prochains jours après le rejet de son ultime recours par la Cour suprême mardi 21 avril. Quelles sont ses chances ?

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Serge Atlaoui était artisan soudeur originaire de la région de Metz. ©Sipa

Tous appellent à la clémence de la justice indonésienne. Le président François Hollande, les proches de Serge Atlaoui, mais également Anggun, « la fille de Java ». Serge Atlaoui a été condamné à mort en 2007 pour trafic de drogue en Indonésie. Mardi 21 avril, la Cour suprême d’Indonésie devait examiner son ultime recours qui a été rejeté. Depuis, il semble n’y avoir que très peu d’espoir pour le ressortissant français.

Joko Widodo pense l’exécution comme un must

De fait, la décision de la Cour suprême est irrévocable. Serge Atlaoui a vu son ultime recours rejeté, le dernier espoir d’échapper à l’exécution. Pour les magistrats, « il n’y a pas de nouveaux éléments, et les raisons avancées dans le recours ne peuvent pas effacer le crime commis par le condamné ». Il ne peut également y avoir de grâce présidentielle pour Serge Atlaoui, puisque ce dernier l’a déjà sollicité. En février 2015, Serge Atlaoui avait demandé la grâce présidentielle à Joko Widodo, mais là encore elle avait été rejetée. Et pour cause, la justice de l’Archipel est l’une des plus sévères au monde, et le président a fait savoir « qu’aucune clémence ne serait accordée ». Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, a accusé dans une lettre ce jeudi 23 avril la justice indonésienne « de graves dysfonctionnements » dans cette affaire.

Mais, « intransigeant et ferme », le président Joko Widodo est « convaincu qu’une exécution serait un ‘must’ pour faire face au trafic de drogue dans le pays », explique Yohanes Sulaiman, analyste politique à l’Université de Jakarta. A cela s’ajoute le soutien de la population locale : 84 % des Indonésiens sont pour la peine de mort. Sauf qu’il n’y aura pas qu’une seule exécution. Serge Atlaoui pourrait être exécuté en même temps que d’autres étrangers originaires d’Australie, des Philippines du Brésil et du Nigéria. Pour Anggun, artiste indonésienne naturalisée française, « la peine de mort n’est en aucune façon une solution pour faire baisser la criminalité ou nous protéger des maux qui rongent notre société » fait-elle savoir dans une lettre ouverte, dans laquelle elle implore d’amnistier Serge Ataloui.

L’Europe n’appellera pas au boycotte

Le président de la République, François Hollande a lui aussi lancé « un appel » pour que « cette exécution n’est pas lieu », expliquant que cela serait « dommageable pour l’Indonésie et pour tout le monde ». Et s’il reste la menace d’un blocus économique, celle-ci n’aurait que très peu d’impact : l’Indonésie ne représente que 0,3 % des importations du territoire. La France, seule, n’a que de poids. C’est la raison pour laquelle il faut un mouvement européen pourrait faire plier le président. Là aussi c’est très peu probable.

Serge Atlaoui était artisan soudeur originaire de la région de Metz. Ce père de quatre enfants, âgé de 51 ans, pourrait être le premier Français à être exécuté depuis près de 40 ans.

Laurie Ferrère