SFR accuse Orange d’aider Free Mobile

Dans une interview à paraître demain dans Le Monde, Frank Esser, le PDG de SFR, accuse Orange d’avoir permis à Free Mobile de développer des offres ultra attractives via le contrat d’itinérance passé entre les deux opérateurs. Il estime également qu’un forfait à deux euros ne pourra jamais financer un réseau efficace.

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SFR accuse Orange d’aider Free Mobile ©DR

SFR serait-il jaloux de la réussite de Free ? A en croire son PDG, Frank Esser, interviewé dans Le Monde à paraître demain, la réponse serait oui. Le patron de l’opérateur historique est surtout en colère contre Orange qui avec l’accord d’itinérance passé avec Free Mobile « a permis à Iliad (la maison mère de Free, ndlr) de sortir des forfaits si peu chers » selon lui. Il précise que jamais SFR n’aurait signé un tel accord. On rappelle qu’en attendant d’avoir son propre réseau complet, Free loue celui d’Orange via un accord d’itinérance d’un milliard d’euros.

Les offres de Free ne peuvent pas financer « un réseau de qualité »

Autre cheval de bataille de Frank Esser : le forfait « social » de Free qui accorde aux abonnées une heure d’appels et 60 SMS pour deux euros par mois (gratuit pour les abonnés à la Freebox). « Ce n’est pas en proposant des offres à deux euros qu’on finance un réseau de qualité (…) Transporter de la voix, cela a encore un coût, malgré les affirmations de M. Niel », le président de Free. Et on peut comprendre que chez SFR on soit remonté contre des tarifs si attractifs quand on sait que la filiale de Vivendi a installé l’an dernier « 3 500 antennes relais 3G de plus (…) et investi 1,6 milliard d’euros, notamment pour migrer vers la norme 3G+, avec des débits supérieurs » d’après Frank Esser. Ce dernier justifie ainsi pourquoi ses forfaits, même ceux de son low-cost Red, ne se sont pas alignés sur ceux de Free Mobile.

Dans la guerre que les opérateurs de téléphonie mobile se sont lancés depuis un peu plus de deux semaines et l’arrivée de Free, ces déclarations (certains appelleront cela un coup bas) ne devraient pas rester sans réponses. La parole est désormais à l’accusé.

Adrien Guiset