Sir James met du crottin dans nos plantes !

Nouvel arrivé au rayon des engrais pour plantes d’intérieur : Sir James, un produit « naturel et chic », à base… de crottin de cheval. Rencontre avec Pierre Ristic, son inventeur.

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A moins de fabriquer son propre compost (notez qu’en appartement, cela n’est pas commode), ou d’utiliser des méthodes de grand-mère, comme mélanger des coquilles d’œufs à la terre, les jardiniers de ville n’avaient jusque là que peu de solutions écologiques pour donner un coup de pousse, euh… de pouce, à leurs plantations. Ce temps est révolu, et le problème résolu, avec l’arrivée de Sir James, un engrais « naturel et chic » pour les plantes d’intérieur, à base de crottin de cheval. Ce produit se présente sous forme de granules à répandre dans les pots, et garanties sans odeur !

Sir James, un engrais « made in Normandie »

Bien que le nom du produit, Sir James, ait plutôt une consonance anglo-saxonne, son inventeur est bel et bien français. Il y a quelques mois, Pierre Ristic quittait son poste de directeur informatique d’un grand groupe à Paris pour s’installer sur les terres normandes, au contact des chevaux et de la nature. Sans pour autant en oublier sa passion pour le web… « J’ai d’abord eu envie de créer un site de e-commerce, mais pour vendre quoi ? Plusieurs modèles d’entreprenariat me faisaient rêver, notamment le site Archiduchesse, spécialisé dans les chaussettes « made in France ». Internet permet de rentrer dans une niche. J’ai donc cherché une niche qui me correspondait », raconte-t-il.

Au fil des conversations avec ses nouveaux voisins (agriculteurs, responsables de centres équestres…), l’idée de transformer le crottin de cheval en engrais a doucement germé. « Je n’ai rien contre les engrais industriels, même si je suis attaché au naturel, mais j’ai constaté que les jardiniers amateurs avaient tendance à surdoser ces produits, qui deviennent alors de véritables bombes chimiques pour les sols et la santé », remarque Pierre Ristic. C’était décidé, Sir James s’adressera donc aux citadins.

9 mois de gestation, 15 000 € de budget

« Ayant fait des études de biologie, je ne me lançais pas dans l’inconnu… La chimie de la terre, ça me parle », explique celui qui se définit lui-même comme « un peu dingue ». Pierre a commencé à mettre de côté le crottin de ses propres chevaux et à le faire sécher. Puis, il a fallu « lâcher » les premiers sous. « Je m’étais fixé 15 000 euros de budget, et je l’ai à peine dépassé », se félicite-t-il. Les principales dépenses sont allées dans l’achat de matériaux (bois, visseries…) pour construire un séchoir, l’appareillage pour transformer le crottin séché en pellets et les différentes analyses en laboratoire. « Je me suis aussi offert le talent d’une illustratrice pour le logo », rajoute-t-il. Bien sûr, il ne faut pas oublier l’investissement « en compétences humaines »… « J’estime à 45 000 euros le coût réel du projet, si l’on tient en compte le temps que j’ai passé à développer moi-même mon site web et à réaliser les protocoles de mesure biochimique », précise-t-il.

Défenseur d’une économie locale, Pierre n’hésite pas à faire bosser ses voisins. Les éleveurs de chevaux qui lui fournissent la matière première se situent tous à moins de 30 km du lieu de production (il est d’ailleurs possible de les géolocaliser sur Sirjames.fr !). Mêmes les boîtes d’emballage sont fabriquées à 140 km de là.

Neuf mois de travail auront été nécessaires pour mettre au monde Sir James. Pierre a réussi son pari : les plantes de ville ont enfin leur crottin !

En savoir plus sur les engrais bio Sir James

Julie Toury