Stop aux allergies du printemps

Le printemps est là. Si pour certains, le sourire revient en même temps que le soleil, pour d’autres, c’est un cauchemar qui commence. Car avec les beaux jours, arrivent aussi toutes les allergies
 dont on était débarrassé il y a encore quelques semaines. Réponse à tout! vous livre quelques conseils pour mieux affronter ces « allergies de printemps ».

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Stop aux allergies du printemps ©Shutterstock

Le nez qui coule, les yeux qui pleurent ou qui grattent, les éternuements incessants, sans compter cette fatigue et cette fameuse « barre » qui vous tombent dessus… Ces symptômes, 20 % des Français les subissent chaque année, au retour du printemps. Enfin, officiellement. Parce qu’en fait, ce que l’on nomme allergies « du printemps » aurait plutôt tendance à s’étendre de janvier à septembre. « C’est dès le début de l’année, dès le mois de janvier, que l’on assiste aux premières allergies. D’abord avec les arbres, comme le noisetier ou le bouleau. Puis les graminées de mars à juillet, et enfin les herbacées qui pollinisent en août », explique le docteur Pierrick Hordé, médecin-allergologue et directeur du site sante-medecine.net. Bref, on a donc peu de chance d’y échapper, avec un répit malheureusement trop court durant les mois d’automne.

État des lieux

Le nombre de Français allergiques tend à augmenter, d’année en année. Si pour certains la période difficile s’étale sur un mois, pour d’autres, l’enfer peut durer trois mois ou plus. Le nombre d’allergiques a d’ailleurs doublé 
en quinze ans dans les pays occidentaux, c’est même 
la quatrième maladie chronique au niveau mondial ! « En France, on estime que près de 50% de la population pourrait développer des allergies d’ici cinq à sept ans », précise notre expert. Car ces allergies touchent désormais tous les âges, et même si elles ne sont généralement pas graves, elles peuvent le devenir si elles sont associées à des problèmes respiratoires type asthme.

Diagnostic

Ceux qui en ont l’habitude savent quels gestes faire ou quels médicaments prendre (antihistaminiques, ou parfois corticoïdes à prendre en amont ou dès les tout premiers symptômes), mais chaque année de nouveaux cas se présentent. « Si vous éternuez, que vous avez mal au crâne, le nez qui coule ou que vous vous sentez fatigués, il faut consulter votre médecin sans hésiter. J’insiste notamment auprès des étudiants qui s’apprêtent à passer leurs examens en mai ou juin, et également auprès des futur(e)s marié(e)s puisque c’est la période des mariages. Il faut se faire traiter, car cela peut vraiment gâcher la vie. » Par ailleurs, le médecin rappelle que, même en pleine saison d’allergies, même en pleine crise, il n’est pas trop tard pour aller faire un bilan avec son allergologue : « Pour les cas de rhinites invalidantes, peu améliorés par les traitements symptomatiques, il existe un traitement de désensibilisation qui sera mis en place la saison prochaine. Aujourd’hui, on n’utilise presque plus de piqûres, mais des gouttes ou des comprimés, selon le type d’allergie. La désensibilisation s’étale sur trois à cinq ans, et dans 70% des cas, on constate une nette amélioration », note le docteur Hordé.

Les gestes qui sauvent

En attendant, la saison des pollens, on est en plein dedans. Il y a donc quelques gestes à respecter pour faciliter, ou du moins tenter d’améliorer le quotidien des personnes allergiques. « Il faut avant tout se renseigner. Désormais, les pics de pollen sont annoncés, notamment sur le site pollens.fr (NDLR Site de la RNSA, le Réseau national de surveillance aérobiologique).

Si vous sortez, il
 faut porter un chapeau, des 
lunettes. Mais dans la mesure du 
possible on évite de mettre le nez dehors, 
surtout à la mi-journée, par grand soleil et petit vent ! De même, on ne tond pas sa pelouse, et on met son linge 
à sécher à l’intérieur et pas dans le jardin. Et quand
 on conduit, on laisse les fenêtres fermées : « On vérifie, voire on change régulièrement les filtres de son véhicule, précise le médecin. Il existe même des filtres spéciaux à installer sur le système de ventilation, qui retiennent les pollens. »

Enfin, de retour chez soi, il faut impérativement se laver 
les cheveux, pour se débarrasser de toutes les particules allergisantes. Il ne faut pas non plus négliger la pollution. « Qu’elle soit extérieure ou à l’intérieur de votre maison, 
elle est un facteur aggravant des allergies au pollen », insiste l’allergologue. Ainsi, à la maison, il ne faut pas hésiter à aérer tôt le matin, durant une demi-heure. 
Et éventuellement le soir, tard.

Par ailleurs, on proscrit tout ce qui est encens, spray parfumé, diffuseur d’huiles essentielles, et évidemment tabac. Le médecin rappelle également que, contrairement à ce que l’on croit, il n’y a pas moins d’allergies aux pollens en ville qu’à la campagne. 
Il y a ainsi en milieu urbain tout un tas de graminées et d’herbacées, comme l’ambroisie – une mauvaise herbe qui pousse partout et qui fait partie des plus allergisantes.

Allergies croisées

Autre facteur à prendre en compte, ce sont les allergies croisées. « De nombreuses personnes allergiques à certains pollens ne peuvent plus manger d’aliments ayant des protéines communs avec ces fameux pollens. » Par exemple, il est fréquent de constater que les allergiques au pollen de bouleau ou d’aulne le sont aussi au céleri, aux pommes et aux cerises. « D’où l’intérêt, je le répète, de ne pas attendre pour consulter un allergologue ».

Pour le docteur Hordé, il y a urgence à ce qu’il y ait une véritable prise de conscience de la part des autorités : « Cela fait trente ans que l’on demande à ce que l’État réagisse. Comme, entre autres exemples, que l’on débarrasse le territoire de l’ambroisie… ». Malheureusement, le rhume des foins n’est pas considéré comme une maladie grave, et de ce fait, n’est pas une priorité de santé. Au grand dam des quelques 20 millions de Français concernés.

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Audrey Barrère