Tarifs des péages : pourquoi la cour des comptes critique la hausse ?

La Cour des comptes dénonce la hausse des tarifs des péages, nettement supérieure à l’inflation. Elle préconise la mise en place d’un plafond, afin de limiter les abus des sociétés d’autoroutes.

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Péages : la Cour propose de définir un plafond d’évolution des hausses de tarifs. ©ThinkStock

Les autoroutes coûtent trop chers aux usagers. C’est le constat de la Cour des comptes, qui a publié ce mercredi 24 juillet un rapport commandé par la commission des finances de l’Assemblée nationale. Les Sages de la rue Cambon critiquent la hausse « illégitime » des tarifs des péages.

Autoroutes : le trafic chute, le chiffre d’affaires grimpe

« Pendant la période 2009-2012, pour la classe 1 (véhicules légers), la progression des tarifs a été particulièrement importante chez SAPN, ASF et Escota (2,2 % par an), Cofiroute (1,9 % par an), APRR et Area (1,8 %) », remarque la Cour.

Cette hausse est supérieure à l’inflation (1,6 % par an), déplore l’institution. Ainsi, bien que le trafic autoroutier ait chuté, ASF, Escota, APRR et Area ont vu leur chiffre d’affaires sensiblement grimper.

Péages : la Cour des comptes propose de définir un plafond

L’État, qui concède depuis 2006 le réseau autoroutier à des sociétés privées, a un droit de regard sur les prix. Ils négocient avec les entreprises les tarifs, en respectant la règle suivante : tout investissement se voit compenser par une hausse des tarifs des péages.

La Cour des comptes critique cette pratique, qui risque d’entraîner une augmentation « constante et continue » des prix. Elle constate que les hausses successives ont permis de financer l’installation de télépéages sans arrêt. Pour elle, ces investissements ne représentent pas un véritable plus pour l’usager, contrairement, par exemple, à la création de nouveaux tronçons.

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Pour limiter les abus, la Cour propose de définir un plafond d’évolution des hausses de tarifs. Elle demande aussi à l’État d’établir un rapport plus équilibré avec les entreprises, qui souvent l’emportent au cours des négociations en raison de leur puissance.

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Damien Rigat