Taxe Tobin : qui devra la payer ?

Nicolas Sarkozy retrouve aujourd’hui à Berlin Angela Merkel pour un déjeuner de travail durant lequel devrait être abordé le sujet de cette nouvelle taxe appelée « taxe Tobin ». Mais si elle entrait en vigueur, qui devrait la payer ?

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©Sipa

Les caisses sont vides. Afin de redresser la barre d’un budget toujours déficitaire le gouvernement multiplie les pistes. Après le projet de TVA sociale qui devrait être débattu avec les partenaires sociaux le 18 janvier prochain lors d’une rencontre entre les membres du gouvernement et les organisations syndicales, on peut entendre parler d’une nouvelle taxe baptisée « taxe Tobin ». Un nouvel impôt dont Nicolas Sarkozy devrait ce 9 janvier 2012 débattre avec la chancelière allemande Angela Merkel lors d’un déjeuner de travail en vue du sommet européen du 30 janvier prochain. Un rendez-vous qui s’annonce houleux car le sujet est sensible. Taxe Tobin : mais de quoi s’agit-il ?

 

La taxe Tobin du nom d’un prix Nobel d’Economie James Tobin, est en fait une taxe sur les transactions financières afin de limiter la spéculation. Les marges bénéficiaires de ces transactions spéculatives sont en effet généralement très faibles (mais les volumes importants) et une taxation sur celles-ci aurait pour conséquence de limiter ces échanges qui ébranlent le système. L’idée n’est pas nouvelle car l’économiste Tobin prône l’application de celle-ci depuis le début des années 70 ! Cette taxe, dont le montant faible (on parle de 0,01%) mais non défini et objet de bien des débats, tout en tentant de réguler un minimum les transactions boursières, permettrait aussi à l’état d’accéder à de nouvelles ressources fiscales. Une façon pour les Etats de toucher de l’argent en profitant des volumes astronomiques de transactions financières à un niveau mondial. Transactions qui se déroulent au sein même de ces nations dans les principales places boursières.

 

La taxe Tobin ne devrait donc pas impacter directement les ménages puisqu’elle ne concerne que les marchés financiers.

 

Enfin, rappelons que si le sujet entre la France et l’Allemagne est sensible, c’est aussi parce que Nicolas Sarkozy annonçait vendredi dernier que la France n’attendrait pas forcément ses partenaires européens pour mettre en place une telle taxe. Un projet qui, comme la TVA sociale, devrait être examiné de près en février par le gouvernement.

La Rédaction