Tchouri : Rosetta repère des gouffres, et alors ?

En orbite autour de la comète Tchouri depuis plusieurs mois, Rosetta livre de nouvelles informations. Grâce à certains de ses clichés, les scientifiques ont découvert des puits d'effondrements. Ils cherchent à comprendre leur formation.

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Le plus important des gouffres découverts sur Tchouri mesure 200 mètres de diamètre et de profondeur. - photo : Thcouri, 12 janvier 2015 - crédit : Esa - Rosetta - Navcam - CC BY-SA IGO 3.0 ©ShutterStock

Après avoir roupillé pendant sept mois sur la comète Tchouri, Philae s’est réveillé en juin, prêt à poursuivre sa mission en compagnie de Rosetta, la sonde à laquelle il est relié. Depuis le petit robot entre de temps en temps en communication avec la Terre mais cette fois, c’est sa camarade qui s’est montrée utile. Des clichés pris par la caméra Osiris de Rosetta ont en effet permis aux scientifiques de découvrir dix-huit puits d’effondrements circulaires sur l’objet céleste, révèle une étude parue le 1er juillet dans la revue Nature. Ils ressemblent de près à ceux que l’on peut trouver sur Mars mais aussi sur la Terre. Comprendre leur formation pourrait ainsi permettre d’en savoir un peu plus sur l’origine de notre système solaire.

Tchouri : des cavités à l’origine mystérieuse

« Des jets de gaz et de poussières s’échappent des parois internes de ces gouffres », indique Jean-Baptiste Vincent, chercheur en sciences planétaires à l’institut Max Planck (Allemagne) et coauteur des travaux. Il précise qu’il a repéré d’autres puits au cours des derniers mois avec ses collègues mais que les dix-huit dont il est question ici « sont représentatifs de ce qui se passe sur la comète ». Le plus important de ces fossés, appelés « dolines », atteint les 200 mètres de diamètre et de profondeur.

Au départ, il s’agissait de cavités fermées, expliquent les experts. Leur plafond se serait affaissé par la suite. Première possibilité : ces puits sont là depuis le début. Ils se seraient alors créés à partir de blocs au moment de la formation de Tchouri. « (…) Mais cela n’explique pas [leur] forme circulaire », souligne Jean-Baptiste Vincent.

Ainsi, le scientifique pense plutôt qu’ils sont issus de l’évaporation de la glace carbonique. Cette hypothèse paraît plus plausible car ils se situent sur la zone de la comète la plus exposée au soleil. La glace carbonique aurait donc pu se réchauffer à cet endroit pour devenir du gaz. Comme le sol de l’objet céleste est poreux, le gaz s’en échappe. Il n’y aurait alors plus qu’une cavité qui finirait par s’écrouler comme le sous-sol est très fragile.

Analyser l’intérieur d’une comète est inédit

« C’est la première fois que nous sommes capables d’observer l’intérieur d’une comète, à quelques centaines de mètres sous la surface », se réjouit Jean-Baptiste Vincent. Grâce à cette étude, son équipe pourrait parvenir à percer quelques-uns des mystères de la formation du système solaire puisque Tchouri est l’un des restes de son état primitif.

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Damien Rigat