Tri sélectif : Les jeunes et les urbains, mauvais élèves !

Selon une étude menée par l'Observatoire du geste de tri, seuls 44 % des Français déclarent trier de manière systématique leurs déchets. Les moins adeptes du recyclage seraient les jeunes et les personnes vivant en milieu urbain.

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En France, le taux de recyclage des emballages atteint les 67 % en 2013. Une proportion insuffisante si l'on tient à respecter l'objectif fixé (75 % en 2016). ©ShutterStock

Un sac pour les cartons, une caissette pour les verres… Trier à la maison n’est pas compliqué, il suffit juste d’un peu d’organisation. 87 % des Français trient leurs déchets mais moins d’un sur deux (44 %) assure le faire de manière systématique. C’est ce que révèle une enquête de l’Observatoire du geste de tri, publiée le 20 juin par Ipsos pour Eco-Emballages, l’organisme en charge de financer le tri et le recyclage des emballages ménagers en France. Les jeunes et les personnes vivant en appartement font partie des mauvais élèves.

18 % des 15-24 avouent ne jamais trier

Si la plupart des 50-64 (55 %) trient l’ensemble de leurs déchets, seuls 37 % des étudiants et 36 % des lycéens déclarent adopter le même comportement. Par ailleurs, 18 % des 15-24 ans ne sépareraient jamais les verres, plastiques et autres emballages des ordures ménagères pour qu’ils soient recyclés, contre 13 % pour la moyenne nationale.

Il semblerait que le cadre de vie joue également un rôle. 25 % des individus vivant dans un logement social et 18 % des habitants d’appartements avouent ne jamais trier leurs déchets, alors que la moitié des habitants de maisons et 51 % des personnes vivant en zone rurale assurent trier systématiquement.

Objectif : « relancer la collecte sélective »

L’année dernière, environ 3,2 millions de tonnes d’emballages ont été recyclées en France (sur plus de 4,7 millions). Dans le pays, le taux de recyclage des emballages atteint les 67 % en 2013. Une proportion insuffisante si l’on tient à respecter l’objectif fixé (75 % en 2016). « Le geste du tri est plébiscité par les Français mais il ne fonctionne pas encore partout ni dans toutes les catégories de populations, constate Eric Brac de La Perrière, directeur général d’Eco-Emballages (Le Monde). Nous devons tout faire pour le rendre exemplaire et relancer la collecte sélective, qui s’est stabilisée depuis quelques années. »

Eco-Emballages lance un plan national de relance du recyclage

Objectif premier : motiver davantage la population. «  Connaître les consignes et les bénéfices du tri d’un côté, avoir accès à un dispositif efficace et de qualité de l’autre, impactent le geste de tri et influent directement sur la motivation à trier », estime la société. Et elle semble avoir raison puisque 53 % des Français interrogés expliquent qu’ils trieraient davantage s’ils étaient sûrs que les emballages étaient bien recyclés par la suite. De plus, 44 % des Français trient quand les locaux réservés aux poubelles sont propres, contre 27 % si ce n’est pas le cas. Autre frein au tri systématique : l’accessibilité. Un problème qui touche essentiellement les urbains. «  Les locaux poubelles situés au deuxième sous-sol, pas éclairés et qui sentent mauvais ne donnent pas envie de s’y rendre, reconnaît Eric Brac de La Perrière. Il faut intégrer le tri dans les nouvelles constructions et les immeubles rénovés et, pourquoi pas, développer les îlots dans la ville avec des conteneurs de tri semi-enterrés. »

Eco-Emballages lance un plan national « de relance du recyclage » (90 millions d’euros sur trois ans) pour améliorer le tri des plastiques (moins triés que le papier et le verre) et la collecte dans certaines collectivités territoriales à la traîne. L’éco-organisme va réaliser, en parallèle, différentes actions pour sensibilité la population, donc cinq web-documentaires dans le cadre de la campagne #SUIVEZMOI. À partir du 25 juin, les internautes pourront suivre le parcours des emballages depuis la poubelle jusqu’à l’usine de recyclage.

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Damien Rigat