Un mammifère poilu et à épines vieux de 127 millions d’années découvert

Des chercheurs ont découvert en Espagne une nouvelle espèce de mammifère qui vivait il y 127 millions d’années, au temps des dinosaures. Doté de poils et d’épines, il ressemblait à un rat étrange.

0
1182
Un mammifère poilu à épines vieux de 127 millions d’années découvert ©DR

Il pesait environ 50 et 70g, possédait des dents à trois pointes acérées, une colonne vertébrale et des pattes fouisseuses semblables à celles des tatous, une crinière tout le long du dos et des épines similaires à celles du hérisson. C’est à quoi devait ressembler il y a 127 millions d’années ce mammifère étrange. C’est une équipe internationale de chercheurs qui a découvert en 2011 en Espagne dans le gisement de Las Hoyas son fossile parfaitement conservé. Les résultats de leur étude ont été publiés mercredi 14 octobre dans la revue Nature.

Nommée Spinolestes xenarthrosus, cet animal est une nouvelle espèce appartenant à l’ordre des eutriconodonta, une lignée de mammifères disparus à la fin de l’ère Mésozoïques (-252,2 à -66,0 millions d’années). Le plus surprenant, c’est sa fourrure qui possède des épines bien particulières, ce qui « le rend unique en son genre » souligne le CNRS français, dont un chercheur à l’Université de Rennes, Romain Vullo, a participé à l’étude.

Une découverte majeure

Encore plus extraordinaire, c’est que le fossile découvert possède encore des bronchioles pulmonaires et des restes de foie. « Il s’agit des plus anciens organes internes de mammifères jamais trouvés », souligne Thomas Martin, chercheur à l’Université de Bonn, l’un des auteurs de l’étude. Ainsi, les paléontologues ont délimité l’emplacement du diaphragme de l’animal, « une première preuve fossile que le système respiratoire unique des mammifères était bien fonctionnel dès le Mésozoïque », souligne le CNRS. « Pour les chercheurs, la diversité des fossiles de Las Hoyas représente une clé pour comprendre la révolution évolutive du Crétacé, correspondant à l’émergence de la flore et la faune qui constituent la biodiversité d’aujourd’hui. »

D’autres analyses du Spinolestes xenarthrosus seront effectuées pour « mieux comprendre son mode de vie et sa place dans l’écosystème. »

Lire aussi :

La découverte surprenante d’une grenouille « Transformers »

– Une espèce humaine encore inconnue découverte

Marine Vautrin