Un service minimum dans l’aérien, ça veut dire quoi ?

Les députés ont adopté, cette nuit, la loi sur le service minimum dans l'aérien, visant à éviter la pagaille dans les aéroports en temps de grève. Les syndicats expriment leur colère.

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grève à roissy, décembre 2011 ©Visual PA

Les personnes ayant voulu rejoindre leur famille par avion, lors des dernières fêtes de fin d’année, se souviendront longtemps de la pagaille engendrée par la grève des agents de sureté. Salles d’attentes saturées, manque d’informations, retards et annulations de vols… Tout cela sera bientôt fini. Ou disons, mieux préparé. Les députés ont adopté cette nuit une loi sur le service minimum dans les aéroports en cas de grève, calquée sur le modèle du service minimum dans les transports terrestres. Le texte rend obligatoire, pour les salariés, de déclarer 48 heures à l’avance leur participation à un mouvement de grève, sous peine de sanctions. Les employeurs, eux, sont tenus de faire part de leurs prévisions de trafic 24 heures avant le début des perturbations. Les passagers seront ainsi prévenus d’éventuels retards de vol ou changements d’horaires.

Les syndicats mécontents appellent… à la grève

Pour les différents organisations syndicales du secteur aérien (SNPL, SNPNC, Unsa aérien, Unac, la CFDT, la CGT et FO), cette loi porte atteinte au droit de grève. « Cela donne un outil à l’entreprise pour connaître exactement le nombre de salariés grévistes 48 heures à l’avance. Donc elle va se dire : ‘ce n’est pas la peine que je discute avant, je vais attendre les 48 heures pour voir s’il y a beaucoup de salariés ou pas, et s’il n’y en a pas beaucoup, je ne négocie pas du tout et je laisse les salariés aller jusqu’à la grève' », a regretté François Pottecher, membre du Syndicat national des pilotes de ligne, sur Europe 1.

Plusieurs syndicats ont d’ores et déjà déposé un préavis de grève du 6 au 9 février, juste avant les vacances scolaires. Mais surtout avant l’examen de la loi au Sénat, le 15 février. Il se pourrait bien que le mouvement se maintienne pendant les congés si leurs revendications ne sont pas écoutées.

Julie Toury