Un traitement contre la grippe et… Ebola !

Des chercheurs français ont découvert qu'un traitement antigrippe était aussi efficace pour lutter contre Ebola, à condition d'être administré au début de la maladie.

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Des chercheurs français ont découvert qu'un traitement antigrippe était aussi efficace pour lutter contre Ebola, à condition d'être administré au début de la maladie. ©ShutterStock

C’est une avancée majeure dans la lutte contre Ebola. Selon une équipe de chercheurs français, un médicament antigrippe serait également efficace contre cette maladie dévastatrice. D’après les premiers essais, le traitement réduirait de moitié la mortalité liée au virus, à condition d’être administré dès les premiers symptômes de la maladie.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs de l’Institut national français de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont prescrit un antiviral japonais favipiravir nommé Avignan à 80 malades (69 adolescents ou adultes et 11 enfants) en Guinée. L’essai, débuté le 17 décembre dernier, a montré « des signes encourageants d’efficacité » chez les personnes arrivées dans les centres de soins avec des niveaux moyens ou élevés d’infection, mais dont les organes n’avaient pas encore été affectés.

Ebola : deux fois moins de décès grâce au traitement

Parmi les « cobayes », 58 % présentaient une charge virale élevée ou moyenne. Dans ce groupe, 42 % souffraient d’une insuffisance rénale et 15 % sont décédés. Dans les trois mois avant cet essai, la mortalité parmi ces malades était de 30 %, soit deux fois plus élevée.

« Ces résultats laissent donc espérer que le favipiravir réduise la mortalité dans cette population en stade moins avancé » de l’infection estiment les chercheurs. En revanche, cet antiviral « n’a pas été efficace » chez les personnes à un stade plus avancé avec « des atteintes viscérales graves, notamment rénales ». Pour être efficace, le traitement doit donc être administré dès les premières semaines de l’infection.

Pour Yves Levy, patron de l’Inserm, « ces résultats (…) doivent [désormais] être confortés sur un plus grand nombre de malades ».

Mathilde Bourge