Vacances à la montagne : skiez dans les règles !

Vous êtes prêts à dévaler les pistes et à faire le plein d’air pur. Attention ! Le ski n’est pas sans danger. Des règles de sécurité, mais aussi de bonne conduite doivent être respectées.

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Vacances à la montagne : skiez dans les règles ! ©ShutterStock

Suivez le code de bonne conduite édicté par la Fédération

En 1972, la Fédération française de ski (FFS) a édicté des règles de bonne conduite. Elles s’appliquent dans toutes stations et ont une valeur préventive. Aucune sanction n’est prévue et on ne pourra pas vous retirer votre forfait si vous ne les respectez pas. En revanche, si vous provoquez un accident, vous pourrez être poursuivi et votre responsabilité recherchée. Vous risquez d’être condamné à indemniser la ou les victimes s’il est démontré que vous avez eu une conduite dangereuse et avez enfreint une de ces règles.

Les règles de base à connaître :

– Respectez toujours les skieurs en aval (en dessous de vous). Ils ont la priorité.

– Maîtrisez votre vitesse et votre trajectoire. Ralentissez lorsque le trafic est dense, près des files d’attente et en bas des pistes.

– Ne vous arrêtez pas n’importe où. Ne stationnez pas dans les passages étroits ou derrière les bosses.

– Respectez la signalisation.

– Portez secours et protégez les blessés.

Respectez les arrêtés municipaux

Les municipalités ont l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du domaine skiable (balisage, signalisation, protection, filets de sécurité…). Le maire peut, notamment, publier des arrêtés municipaux et édicter des règles précises comme la limitation de la pratique du hors-piste dans des certaines zones ou la fermeture d’une piste pour des raisons de sécurité, par exemple lors du déclenchement d’une avalanche. Si vous ne respectez pas un arrêté municipal, vous risquez une amende (art. R 610 – 5 du nouveau Code pénal). En outre, en cas d’accident votre responsabilité pourrait être engagée et votre assurance ne pas fonctionner.

En cas d’accident, qui est responsable ?

Pour déterminer si le skieur est fautif ou pas, lors d’un accident, les tribunaux se réfèrent au code de bonne conduite établie par la FFS. Ainsi, un skieur qui ne respecte pas une priorité verra sa responsabilité civile engagée. L’indemnisation du skieur blessé est prise en charge par l’assurance multirisque habitation. En cas de négligence caractérisée, le skieur peut aussi avoir sa responsabilité pénale engagée sur le fondement du délit de mise en danger de la vie d’autrui (article 223-1 du Code pénale). C’est le cas s’il a violé de manière délibérée une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi
 ou le règlement. Il risque alors une amende de 15 000 euros et jusqu’à 1 an de prison. Dans certains cas, 
la responsabilité du maire et de l’exploitant du domaine skiable peut également être recherchée s’ils ont failli à leur obligation de sécurité (absence de signalisation ou de protection par exemple).

Et si vous déclenchez une avalanche ?

Si l’avalanche s’est déclenchée alors que vous skiez dans le domaine balisé, votre responsabilité ne peut pas être engagée. En revanche, si vous avez provoqué une avalanche par imprudence, par exemple en franchissant les barrières de sécurité, vous pouvez être poursuivi pour mise en danger de la vie d’autrui.

Peut-on faire du hors-piste ?

En France, le hors-piste n’est pas interdit de manière générale, car on considère qu’il s’agirait d’une atteinte à la liberté de circuler. Les maires peuvent, en revanche, interdire l’accès à certaines zones dangereuses (risque de déclenchement d’avalanche sur des habitations ou sur des pistes balisées par exemple) ou à certaines zones protégées.

Faut-il une assurance spécifique ?

Plusieurs de vos contrats peuvent intervenir pour vous couvrir lorsque vous skiez sans qu’il soit nécessaire de souscrire une assurance spécifique : vos contrats santé, multirisque habitation, votre assurance décès ou invalidité, la Garantie des Accidents de la Vie (GAV), l’individuelle accident, l’assurance scolaire, les contrats d’assistance. Si vous souhaitez être mieux couvert, il est alors possible de souscrire à des assurances complémentaires liées à la pratique du ski sur l’année ou temporairement le temps de votre séjour. Par exemple, la carte neige (couverture pour toute la saison) ou carré neige (couverture le temps du séjour) en vente dans les stations, couvre les frais de secours, le remboursement des forfaits et cours, les frais médicaux non pris en charge par la mutuelle et votre défense en cas de recours. Certaines activés à risque comme le bobsleigh, le ski de glacier, le deltaplane, exigent, en outre, une assurance spécifique. Renseignez-vous avant de les pratiquer pour savoir dans quelle mesure vous êtes couvert.

Faut-il porter un casque ?

Le casque n’est pas obligatoire, sauf pour les enfants qui participent à des cours de l’ESF. Sachez que les traumatismes crâniens, les lésions de la face et du crâne sont beaucoup plus fréquents à ski et les enfants y sont plus vulnérables. Plus petit qu’un adulte, en cas de collision, ils sont plus facilement touchés au niveau de la tête. C’est un accessoire de sécurité qui vaut vraiment la peine d’être acheté quand on sait que, pour ceux qui le portent, le taux de traumatisme crânien est divisé par deux lors d’une collision.

Protégez aussi vos yeux et votre peau

Même quand il y a des nuages, à la montagne, il est
 impératif de se protéger du soleil. La réverbération liée
 à la neige augmente, en effet, l’intensité des rayons du
 soleil de 85 % contre 20 % pour le sable. Les ultraviolets 
sont donc plus dangereux en montagne, car ils sont moins 
filtrés par l’atmosphère. Or cela peut entraîner des 
dommages irréversibles pour la peau (vieillissement 
prématuré et cancers cutanés…) et pour les yeux (ophtalmie des neiges, cataractes et atteintes de la rétine). Il est donc important de protéger votre peau avec une crème solaire adaptée (au minimum d’indice 30) et de porter des lunettes de soleil avec un filtre anti-UV (catégorie 4).

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Carole Caillaud