Violence conjugale : de quelle couleur sont les bleus ?

L’Armée du Salut, en Afrique du Sud, a décidé de s’emparer du phénomène de « la robe » pour une campagne contre les violences faites aux femmes.

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La seule illusion serait de penser que c’est sa faute. ©DR

« Pourquoi est-ce si difficile de voir le bleu et le noir » ? Si ce slogan vous rappelle, étrangement, le buzz qui a secoué Internet la semaine dernière [NDLR : cette robe bleu et noir, que certaines personnes voyaient blanche et or] c’est qu’il y a là, pertinence.

La violence conjugale est négligée par la société

Si certains ont vu dans cette actualité une simple futilité, d’autres l’occasion d’expliquer des phénomènes oculaires et neuronales, l’Armée du Salut en Afrique du Sud a vu là une occasion de servir une cause. Elle  dévoile ainsi une affiche sur laquelle une femme est habillée de « la robe », ici blanche et or, mais dont le corps est marqué de coups. Le slogan, « pourquoi est-ce si dur de voir les bleus », prend alors tout son sens.

« [Nous voyons] au quotidien les effets dévastateurs de la violence domestique sur les femmes, les hommes et les enfants », explique un porte-parole de l’association. « Cette campagne innovante […] souligne que la violence conjugale est souvent négligée par la société. Nous espérons que cette image aide les gens à voir le véritable impact de ce crime. »

200 000 femmes victimes de violence par an

Sur cette affiche, on peut également lire : « La seule illusion serait de penser que c’est de sa faute », « Une femme sur six est victime de violences », « Stop aux violences faites aux femmes », ainsi qu’un numéro d’aide aux victimes.

À quelques jours de la journée mondiale de la femme, qui aura lieu dimanche 8 mars, la campagne, déjà très partagée sur les réseaux sociaux est saluée : « Brillante réaction » ou encore « une brillante occasion de faire passer un message puissant ». Les twittos ne manquent pas d’éloges. Notons que l’Afrique du Sud est particulièrement touchée par les violences domestiques. Près de 200 000 femmes y portent plainte pour violence chaque année. Une femme meurt sous les coups toutes les six heures.

Laurie Ferrère