Vivre à la ferme réduirait les allergies respiratoires

Des chercheurs belges ont révélé que les enfants qui grandissent à la ferme sont moins sujets aux allergies respiratoires et à l’asthme. La raison ? La poussière.

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Vivre à la ferme réduirait les allergies respiratoires ©ShutterStock

Pour vivre mieux, vivons à la ferme. C’est en tout cas ce qu’affirment des chercheurs dans une étude publiée ce jeudi 3 septembre dans le prestigieux journal Science. « À ce stade, nous avons révélé un lien entre les poussières dans les fermes et une protection contre l’asthme et les allergies », souligne Bart Lambrecht, professeur de pneumologie à l’université de Ghent en Belgique et responsable des travaux.

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont exposé pendant deux semaines des souris à des poussières prélevées dans des étables en Allemagne et en Suisse. « Les tests ont montré que les souris étaient entièrement protégées contre les allergies aux acariens, l’une des causes d’allergies les plus fréquentes chez l’homme », explique-t-il. L’étude a également montré que l’inhalation régulière de la poussière « rend la muqueuse des voies respiratoires moins réactive aux allergènes comme les acariens », grâce à une protéine appelée A20. Une protéine produite naturellement par la muqueuse bronchique lorsqu’elle est en contact avec des poussières. 

Vers un vaccin contre l’asthme ?

L’étude réalisée sur 2 000 enfants grandissant à la ferme a démontré que la plupart ne souffrent pas d’allergies mais que les autres souffrent d’une carence en protéines A20. Ceux qui développent des allergies sont porteurs d’une mutation dans les gènes A20 qui provoque la fabrication d’une protéine non fonctionnelle.

Les chercheurs souhaitent désormais trouver la substance active dans la poussière qui apporte cette protection, de manière à pouvoir développer des traitements préventifs contre l’asthme. « Nous avançons dans la bonne direction pour développer un vaccin contre l’asthme et des traitements contre les allergies (…) mais plusieurs années de recherches seront nécessaires avant qu’ils ne soient disponibles pour les patients », ajoute Hamida Hammad, également professeure à l’université de Ghent et coauteur de l’étude.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une personne sur deux souffrira en 2050 d’allergies respiratoires. La santé se trouverait alors dans le pré !

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Marine Vautrin