Vos droits au camping

Vous êtes six millions à vous mettre en mode camping chaque année. Campeur et gérant de camping ont des droits et des obligations. Le point avec la Fédération française de camping et de caravaning.

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Patrick Chirac, interprété par Franck Dubosc, revient au camping des Flots Bleus (Camping 2). ©DR

Fiesta tous les soirs autour d’un barbecue, le gérant du camping peut appeler les gendarmes.

VRAI. La loi ne s’arrête pas aux portes du camping. En cas de tapage nocturne et de comportements incorrects, le gérant pourra vous donner un avertissement. Si vous récidivez, il vous demandera de plier bagage. Si vous faites la forte tête, ce sont les gendarmes qui viendront vous déloger avec, en prime, une contravention.

Avec les nouvelles normes européennes, ma canadienne des années 60 est persona non grata sur les terrains de camping.

FAUX. Les directives européennes s’immiscent de plus en plus dans notre vie quotidienne, mais pas sur le type de caravane ou de tente qui est accepté sur les terrains de camping. Canadienne, igloo ou caravane de papi, ils sont tous les bienvenus.

Le gérant du camping est libre de fixer les tarifs qu’il veut.

VRAI. Pour éviter les mauvaises surprises, vérifiez que les prix sont clairement affichés à l’entrée du camping. Afin de vous donner une idée, sachez que le tarif moyen en 2012 des emplacements nus (un emplacement, deux personnes et électricité pour une nuit en haute saison) varie de 13,27 euros pour un camping une étoile, à 41,22 euros pour un cinq étoiles.

Le camping est libre. Si je veux, je plante ma tente sous la tour Eiffel.

FAUX. Vous avez le droit de faire du camping sauvage à condition d’avoir l’autorisation du propriétaire du terrain. Quoi qu’il en soit, le camping est interdit sur les routes, les voies et les places publiques, à moins de 200 m des points d’eau utilisés pour la consommation, sur les rivages de la mer et dans un site classé, ou encore à moins de 500 m d’un monument historique ou classé (article R111-41 du Code de l’urbanisme). Si vous bravez l’interdiction, vous risquez une amende de 1 500 euros.

> Lire aussi : Camping sauvage : quels sont vos droits ?

Poubelles non vidées, W-C bouchés, piscine mal entretenue… je peux réclamer un remboursement.

VRAI. Direction l’accueil pour faire une réclamation et déposer une plainte auprès du directeur du camping. Constituez des preuves en prenant des photos et en recueillant les témoignages d’autres campeurs. Une fois ces démarches effectuées, vous pouvez décider de partir et réclamer les sommes que vous avez versées au prorata des jours où vous êtes resté. En cas de refus, si le camping ne répond pas aux normes d’hygiène et de sécurité, envoyez votre réclamation à la direction départementale de la protection des populations (DDPP) du département où se situe le camping, avec copie à la Fédération française de camping et de caravaning (FFCC).

À mon arrivée, je n’ai pas l’emplacement demandé, le gérant me rembourse la somme versée pour la réservation.

FAUX. Au moment de la réservation, le campeur ne peut qu’émettre des voeux pour obtenir un emplacement. Bien entendu, si vous êtes client depuis dix ans, vous aurez plus de chance de planter vos « sardines » où vous le souhaitez que si c’est la première fois que vous venez. Un conseil, faites ami-ami avec le gérant, ça peut toujours servir. Sachez que si le contrat de location d’un mobil-home précise le lieu, vous pouvez accepter ou pas d’être déplacé. N’hésitez pas à négocier.

Au moment de la réservation, je verse 25 % du prix total du séjour.

VRAI. Il est d’usage que le campeur verse une avance de 25 % du prix total du séjour lors de la réservation de son emplacement. N’oubliez pas de demander un reçu. En cas de litige, il vous sera bien utile. Le reste de la somme sera versé à votre arrivée ou à la fin de votre séjour.

Quand je loue un mobil-home, il doit être raccordé à l’électricité.

FAUX. Tout dépend de la catégorie de classement du terrain. Les campings une et deux étoiles n’ont, en effet, aucune obligation de fournir des branchements électriques. Les textes prévoient pour les trois étoiles qu’un emplacement sur neuf doit disposer d’un branchement, et trois sur huit pour les quatre étoiles.

Le gérant a le droit de conserver ma carte d’identité pendant tout le séjour.

VRAI. Si le gérant peut demander une pièce d’identité du campeur lors de l’admission, rien dans les textes ne lui interdit de la conserver pour la durée du séjour. Néanmoins, la FFCC considère ce comportement abusif. En cas de conflit, il faudra saisir la justice qui appréciera le caractère abusif ou pas de cette demande.

Selon le standing du camping, la distance minimale à respecter entre deux emplacements est différente.

VRAI. Selon le nombre d’étoiles attribuées au camping, vous aurez plus ou moins de place pour vous installer. Le nombre d’emplacements maximum est de 100 par hectare pour un camping une et deux étoiles. Il passe à 90 par hectare pour trois étoiles, 80 pour un quatre étoiles, et 70 par hectare pour un cinq étoiles.

Je suis malade, j’annule ma réservation. Je récupère mon acompte.

FAUX. Avec un acompte, vous êtes définitivement engagé. En clair, vous perdrez la somme versée en cas d’empêchement et, cerise sur le gâteau, le camping est en droit de vous réclamer, au titre de dommages et intérêts, la totalité du prix de votre séjour. Vérifiez bien si la somme versée constitue des arrhes ou un acompte. Quand il s’agit d’arrhes, vous ne perdez que les 25 % de la somme versée si vous annulez.

> Pour plus d’informations, consultez le site de la Fédération française de camping et de caravaning.

Katy Le Moël